
Timbre offert par Josya
http://perso.wanadoo.fr/lerefugedejosya/
que je remercie
A la forêt de GASTINE
Couché sous tes ombrages verts
Gastine je te chante
Autant que les Grecs,par leurs vers
La forêt d'Erymanthe:
Car,malin celer je ne puis
A la race future
De combien obligé je suis
A ta belle verdure ,
Toi qui, sous l'abri de tes bois,
Ravi d'esprit m'amuses;
Toi qui fais qu'à toutes les fois
Me répondent Muses;
Toi par qui de l'importun soin
Tout feanc je me délivre,
Lorsqu'en toi je me perds loin ,
Parlant avec un livre .
Tes bocages soient toujours pleins
D'amoureuses brigades
De Satyres et de Sylvains,
La crainte des Naïades !
En toi habites désormais
Des Muses le collège,
En ton bois ne sente jamais
La flamme sacrilège !
Pierre de Ronsard(1524-1585)

| Sais-tu qui je suis ? Le Rayon de Lune. Sais-tu d'où je viens ? Regarde là-haut. Ma mère est brillante, et la nuit est brune. Je rampe sous l'arbre et glisse sur l'eau ; Je m'étends sur l'herbe et cours sur la dune ; Je grimpe au mur noir, au tronc du bouleau, Comme un maraudeur qui cherche fortune. Je n'ai jamais froid ; je n'ai jamais chaud. Je suis si petit que je passe Où nul autre ne passerait. Aux vitres je colle ma face Et j'ai surpris plus d'un secret. Je me couche de place en place Et les bêtes de la forêt, Les amoureux au pied distrait, Pour mieux s'aimer suivent ma trace. Puis, quand je me perds dans l'espace, Je laisse au coeur un long regret. |
| Rossignol et fauvette Pour moi chantent au faîte Des ormes ou des pins. J'aime à mettre ma tête Au terrier des lapins, Lors, quittant sa retraite Avec des bonds soudains, Chacun part et se jette A travers les chemins. Au fond des creux ravins Je réveille les daims Et la biche inquiète. Elle évente, muette, Le chasseur qui la guette La mort entre les mains, Ou les appels lointains Du grand cerf qui s'apprête Aux amours clandestins. |
| Ma mère soulève Les flots écumeux, Alors je me lève, Et sur chaque grève J'agite mes feux. Puis j'endors la sève Par le bois ombreux ; Et ma clarté brève, Dans les chemins creux, Parfois semble un glaive Au passant peureux. Je donne le rêve Aux esprits joyeux, Un instant de trêve Aux coeurs malheureux. |
| Sais-tu qui je suis ? Le Rayon de Lune. Et sais-tu pourquoi je viens de là-haut ? Sous les arbres noirs la nuit était brune ; Tu pouvais te perdre et glisser dans l'eau, Errer par les bois, vaguer sur la dune, Te heurter, dans l'ombre, au tronc du bouleau. Je veux te montrer la route opportune ; Et voilà pourquoi je viens de là-haut. Guy de Maupassant |
QUAND TU AIMERAS TOUT
Quand tu aimeras tout:l'herbe et le peuplier,
La taupe et le verdier,la pierre et le compas,
Le balayeur des rues comme le charpentier
Sans jamais plus devoir te demander pourquoi!
Quand tu arpenteras sans mesurer ton pas
La plage et la forêt,le coteau et le val,
Le parvis de l'église et le pré communal
Sans plus te demander si tu es bien chez toi,
Quand tu n'éprouveras,ici,plus d'autre envie
Que de t'asseoir pour rêver seul au bord d'un champ,
Le ciel se posera,familier sur ta vie.....
Comme une nappe bleue sur la table de bois blanc
.Extrait de 'De plus loin que la nuit.'
de MAURICE CARÊME
UN POEME DE
SULLY PRUDHOMME
que nous répétions en classe de Français .
Je pensais l'avoir oublié
lorsque feuilletant le Cahier de Poésies
de ma jeunesse...il 'm'a sauté' aux yeux...
Il m'est revenu sans que je ne lise plus avant c'est
'LE VASE BRISE'
'Le vase où meurt cette vervaine
D'un coup d'éventail fut fêlé ;
Le coup dut l'effleurer à peine,
Aucun bruit ne l'a révélé.
Mais la légère meurtrissure,
Mordant le cristal chaque jour,
D'une marche invisible et sûre
En a fait lentement le tour.
Son eau fraîche a fui goutte à goutte,
Le suc des fleurs s'est épuisé ;
Personne encore ne s'en doute,
N'y touchez pas, il est brisé.
Souvent aussi la main qu'on aime
Effleurant le coeur, le meurtrit ;
Puis le coeur se fend de lui-même,
La fleur de son amour périt ;
Toujours intact aux yeux du monde,
Il sent croître et pleurer tout bas
Sa blessure fine et profonde :
Il est brisé, n'y touchez pas.'
(J 'espère ne pas m'être trompée...j'écris de mémoire)
Que ce poème fut doux à l'adolescente rêveuse que j'étais alors..
Nous le déclamions mes amies et moi avec beaucoup de conviction , imginant le chagrin de cet amoureux....
.Et le voici de retour...
.Passé de mode depuis longtemps il est pour moi un précieux....Présent.....
Une idée je vais le faire découvrir à mes petits enfants
pour voir ce qu'ils en pensent...
Qui sait..allez donc savoir..., ?
Chanteplume
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Le compliment de Jeanne Perrot dite 'Chanteplume'
au
Premier Poète qu'elle a rencontré
José Maria de Hérédia
'J'avais sept ans lorsque pour la première fois
j'ai rencontré un de vos Poème qui m'a marqué à jamais....
Il me fut un enchantement non seulement
par la beauté des vers mais aussi par les images
qu'ils faisaient surgir en moi.....
le miroîtement des nuances et des couleurs
présentent tout comme les frémissements de l'océan du Poème!
Je me les répètais sans cesse
et encore aujoud'hui ces vers enchanteurs
comme une litanie :
....'Le soleil sous la mer , mystèrieuse aurore
Eclaire la forêt des coraux abyssins
Qui mêle , aux profondeurs de ses tièdes bassins
La bête épanouie et la vivante flore.'
du Poème
'Le Récif de Corail'
Je n'ai pas besoin de copier en ma mémoire vit ce Poème...
.Enfant solitaire peut être étais je plus qu'une autre
sensible aux beautés que vos Mots me révèlaient....
J 'étais du haut de mes sept ans Amoureuse
de votre Poésie et du Poète sans doute aussi.....
Aujourd'hui alors que vos vers
n'ont jamais cesser de chanter en moi
je suis heureuse de vous rendre cet humble hommage
que la petite Jeanne Perrot n'aurait pas oser dire
mais moi'Chanteplume' ..
.j'ose.. et....cela m'est un honneur
Monsieur ...
José Maria de Hérédia !
EDMOND ROSTAND
Vous fûtes l'un de mes 'Enchanteurs 'Monsieur !
Mon père était grand amateur de T héâtre .
Grâce à lui je fis la rencontre de
CYRANO de BERGERAC
dont il me faisait lecture le soir....
avec force démonstrations dans ses gestes.
.Il devenait CYRANO
Mes rêves étaient peuplés de rapières
,de feutres emplumés,de longs manteaux élègants..
CYRANO
Je jette avec grâce mon feutre,
Je fais lentement l'abandon
Du grand manteau qui me calfeutre,
Et je tire mon espadon;
Élégant comme Céladon,
Agile comme Scaramouche,
Je vous préviens, cher Mirmidon,
Qu'à la fin de l'envoi, je touche !
Vous auriez bien dû rester neutre;
Où vais-je vous larder, dindon?...
Dans le flanc, sous votre maheutre?...
Au coeur, sous votre bleu cordon?...
- Les coquilles tintent, ding-don!
Ma pointe voltige: une mouche!
Décidément... c'est au bedon,
Qu'à la fin de l'envoi, je touche.
Il me manque une rime en eutre...
Vous rompez, plus blanc qu'amidon?
C'est pour me fournir le mot pleutre!
- Tac! je pare la pointe dont
Vous espériez me faire don: -
J'ouvre la ligne, - je la bouche...
Tiens bien ta broche, Laridon!
A la fin de l'envoi, je touche.
Prince, demande à Dieu pardon!
Je quarte du pied, j'escarmouche,
Je coupe, je feinte..
A la fin de l'envoi, je touche.
J 'étais séduite , enchantée.....
Le second à faire ma conquête fut
'CHANTECLAIR'
Les matins de vacances mon père me réveillait
lorsque je traînais trop longtemps au lit.
J'entends encore maman dire :
'Jean laisse la dormir ce sont les vacances'
et lui de répondre
' 'Mais regardes moi ce soleil..
.allez debout ma grande.'' (j'avais dix ans)
Sitôt sorti de la chambre alors qu'il descendait les escalier
je l'entendais déclamer :
'Je t’adore, Soleil ! ô toi dont la lumière,
Pour bénir chaque front et mûrir chaque miel,
Entrant dans chaque fleur et dans chaque chaumière,
Se divise et demeure entière
Ainsi que l’amour maternel !
Je te chante, et tu peux m’accepter pour ton prêtre,
Toi qui viens dans la cuve où trempe un savon bleu
Et qui choisis, souvent, quand tu veux disparaître,
L’humble vitre d’une fenêtre
Pour lancer ton dernier adieu !'
A ce moment là je sautais du lit et en pyjama ,
pieds nus de dégringolais les escaliers en clamant
avec lui les vers qui me faisaient fondre de bonheur :
'Je t’adore, Soleil ! Tu mets dans l’air des roses,
Des flammes dans la source, un dieu dans le buisson !
Tu prends un arbre obscur et tu l’apothéoses !
Ô Soleil ! toi sans qui les choses
Ne seraient pas ce qu’elles sont ! '
Au dernier mot je sautais dans les bras de mon père ...
.nous reprenions les mots
qui nous faisaient vibrer l'un et l'autre...
J'en étais imprégnée à ce point
que le jour ou je passais le Cetificat d'Etudes
au lieu de 'réciter' la Récitation tirée au sort
et dont je ne me souviens plus..
je lançais trés haut :
'Je t'adore Soleil....'
Personne ne m'a interrompue
mais je me suis ' ramassé'un zéro.!
Aujourd'hui encore losque
'je me les dis pour moi' que ce soient ceux de
Cyrano ou de Chanteclair
le même émoi me saisit..
.Magie des Mots alliée à celle de celui
qui me les a offert sur plateau d'argent
dans un grand rire
et celle de l'Enfance!
celle votre TALENT
Pour tout cela
MERCI
Monsieur Edmond Rostand .
Jeanne Perrot dite 'Chanteplume'

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