LE JARDIN des CHAMPS

                                                                         

Timbre offert par Josya

http://perso.wanadoo.fr/lerefugedejosya/

que je remercie

     

     'Le Jardin des Champs»

Ouverture

« Que ma Joie demeure »

Jean Giono

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« Je vivrai par de là la mort ,

Je chanterai à vos oreilles .

Même après avoir été emporté

Par la grande vague de la mer

Jusqu ‘au plus profond de l’océan !

Je m’assiérai à votre table

Bien que mon corps paraisse absent

Je vous accompagnerai dans vos champs

Esprit invisible !

Je m’installerai avec vous devant l’âtre ,

Hôte invisible aussi !

La mort ne change que les masques

Qui recouvrent nos visages

Le forestier restera forestier

Le laboureur laboureur.

Et celui qui a lancé sa chanson au vent

La chantera aux sphères mouvantes ! »

Le Jardin du Prophète

Khalil Gibran

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LE JARDIN DES CHAMPS

 

Dés le Printemps et ce jusqu’à la fin de l’Automne quand il termine la série de nuits(21 /4heures) , au petit matin il ne rentre pas chez lui mais va à son Jardin des Champs pour profiter de la « fraîche ».

Ce Jardin c’est un peu sa « retraite  son havre de paix , sa thébaïde » ; situé au milieu des champs ( d’où son nom)limité au nord par la voie de chemin de fer , il est entouré de haies vives faites de ronciers , d’aubépines , d’épines noires parmi lesquelles pousse un figuier . Il reçoit les quatre points cardinaux , une barrière haute le ferme au sud.

On y accède par un chemin de champs , où par une route blanche . Dans ce jardin il a construit un cabanon avec les moyens du bords pour y ranger ses outils de jardinage .

Mais bien vite une banquette y trouve sa place

C’est là qu’il fait « un roupillon » le matin en débauchant ou la sieste les après midi lourdsde chaleur .Un puits à la margelle de pierres prés duquel des bidons montent la garde attendant l’eau qu’il y verse le soir pour le lendemain , afin d’arroser les carrés , les planches de légumes qui entourent ce dernier .

Une treille aux raisins savoureux apporte son ombrage camaïeux de vert et d’or où s’infiltrent les rayons curieux du soleil .La porte du cabanon est en bois , il a accroché un vieux rideau dans l’embrasure de celle-ci pour le protéger des regards indiscrets !

                              

Il aime ce lieu loin de la maisonnée ; il y trouve le calme  parmi les chants des oiseaux , il s’y ressource dans le petit matin , il profite de « l’aiguail » la rosée de la nuit , qui au levé du jour s’évapore en nappe dansante dans les premiers rayons du soleil .

Peut être retrouve t’il ici ces étranges remontées d'enfance qui veillent en nous.

Il laboure , ratisse , sème , plante , repique , arrose

De temps en temps un train passe  il salue le conducteur qu’il connaît puisque lui, aussi travaille chez madame SNCF.

Quand il revient à la maison sur le coup de midi , les enfants accourent vers lui en criant : « Papa , papa » !« Ouha ! Ouha » ! aboient les chiens qui les accompagnent en gambadant .Il entre dans la grande cuisine où elle a préparé le repas mis le couvert« Ouf » dit il en s’essuyant le front d’un revers de main , avant de la prendre dans ses bras,pas de paroles. Ils se comprennent !

Tout au long du repas il parle de son travail , des trains qu’il prépare , des rencontres « Tiens j’ai vu Untel il te donne le bonjour » du jardin ; puis lui demande comment Elle a passé la matinée , et les enfants ça va ?

                               Elle sait , devine quand ça ne va pas.

                        Ils se connaissent par cœur , du fond de l’âme !

Quand Il prend son travail de cheminot le matin(4 /12) il rejoint son havre en fin d’après midi , et y reste tard dans la soirée souvent jusqu'à l’heure où le crépuscule de ses voiles mauve et or enveloppe la terre.

Les grillons chantent , c’est l’éclatement des chants d’oiseaux qui s’égosillent en mélopées en trilles et cascades plus où moins nuancées .C’est l’heure où Elle le rejoint assez souvent.

Il a prit soin la veille de « tirer » l’eau du puits afin qu’elle « chauffe » au soleil pour ne pas saisir les plantes par la froideur de cette dernière remontée des entrailles de la terre . Il arrose à pas comptés ; la pomme de l’arrosoir en chuintement de soie ruisselante accompagne chacun de ses gestes ,ni trop ,ni trop peu ! Elle le regarde assise sur le banc de bois , puis rassemble la provende qu’il a cueilli , ramassé avec soin ; c’est lui qui l’installe dans la remorque faite de ses mains Il range les outils ferme la porte du cabanon tout comme la barrière du jardin !

Ils reviennent à travers champs dans la grande lumière vespérale , parmi les odeurs d’herbes , de blé coupé sous un ciel drapé des milles couleurs ondoyantes du couchant , qui vont se laver dans l’océan tout proche .

Côte à côte ,ensemble Ils reviennent à la maison , sans parler!Pourquoi faire ?

Ils « s’entendent » si bien , chacun murmure à l’autre dans cet enveloppement silencieux de leurs êtres le plus profond qui ne font qu’Un , leurs pensées les plus secrètes leurs désirs les plus fous qui n’appartiennent qu’à Eux !

Après le repas du soir prit avec les enfants en rires et en « parlottes », Il arrose le jardin de la maison .La nuit est là , les enfants vont se coucher après un « B’soir papa , b’soir maman » !

La chaleur est tombée , un peu de fraîcheur s’installe pour la nuit ! A ce moment là Il allume une cigarette , la flamme du briquet illumine un instant fugace son visage fatigué ,où malgré tout un rire affleure à ses yeux quand il la regarde!

C’est fugitif comme la caresse d’une plume de tourterelle , mais c’est suffisant  pour dire « Je t’aime » !Après la dernière bouffée , il rentre , fait sa toilette en s’éclaboussant d’eau , s’étire!

           Elle frotte son dos douloureux , car même si il ne dit rien ,elle sait !

          Dans l’intimité de leur chambre Ils se rejoignent.

Elle s’endort sa tête au creux de son épaule .C’est tout simple jour après jour , nuit après nuit , Ils tissent la trame de leurs Vies qui en fait ne font qu’Une ! Elle ne va pas très souvent au Jardin des Champs ; c’est Son Domaine à Lui ;elle ne se reconnaît pas le droit d’y arriver comme ça sans tambour ni trompette . Elle sait trop bien qu’Il a besoin de solitude pour se « retrouver » après les longues heures de travail .

              Pour elle ce Jardin c’est Son Luxe à lui bien mérité à son avis !

         « Je viendrais ce soir te retrouver »

            lui dit elle ; comme ça Il sait qu’Il est Libre !

               Pourtant ,pourtant la vie décide parfois !

Elle est partie un soir pour le Jardin , sans penser qu’elle ne le lui avait pas dit qu’elle viendrait , ça ne lui a même pas effleuré l’esprit !

Du sentier elle le voyait de loin aller et venir .Elle l’a appelé .Il n’a pas entendu Alors elle a continué tout en se demandant ce qu’il pouvait bien faire pour être absorbé comme ça d’habitude Il lui répond .

La barrière est grande ouverte .Il est immobile prés du puits . Elle approche en suivant l’allée ; il ne tourne pas la tête vers elle comme il a l’habitude .Il parle doucement , mais à qui ? elle ne voit personne .A quelques pas de lui , elle n’ose pas bouger , ni l’appeler , et toujours ces paroles inaudibles qui ressemblent au bruissement de la brise ; il lui semble comprendre :

« Oui , oui , voilà », il retire ses mains en coupe plongées jusqu’à présent dans l’eau d’un baquet d’où elles s’égouttent en perles cristallines dans le soleil du soir C’est alors seulement qu’elle voit les abeilles de plus en plus nombreuses qui l’entourent .Elles se posent sur ses épaules , ses bras nus pour rejoindre ses mains remplies d’eau où elles…s’abreuvent ! Plusieurs fois , en gestes ralentis il plonge ses mains dans l’eau tiède puis les remonte en émettant le murmure qu’elle a entendu !Pendant ce temps les « butineuses » ne bougent pas elles semblent attentives . Elle a l’impression qu’elles savent !

                Elle ne sait combien de temps s’est écoulé

     quand Il tourne la tête vers Elle .

Il est illuminé de l’intérieur et se met à rire , tandis qu’une abeille s’attarde encore sur sa main…Il rit en disant :

               « Tu vois comme elles me connaissent ?

            Evidemment je tiens « Le Bistrot des Abeilles »

 Ils rient ensemble…

           Les abeilles s’en retournent à leur ruche sans doute en se disant  :

       –« Chouette , un mec qui Sait ! »

            Oui un mec qui Sait…

en silence en union totale avec ce mystère et tous ceux dont 

Il ne parle parle pas , qu’il partage avec Elle !

Mais c’est la première fois qu’Elle le voit ainsi.

Pendant quelques instants

Toute l’Harmonie du Monde

Se trouvait Là

Entre cet Homme , son homme

et

Les Abeilles

Messagères de Lumière

Gardiennes des Secrets

Dont elles lui ont fait cadeau !

Il y a Les gardiens des Abeilles!

Les Bergers des Abeilles !

et

Lui 'L’Abreuveur » des Abeilles

Terminé à La Jarne

l

le

23 Juillet 2004

                                                             

              Jeanne Chanteplume 

                                      *  Une des Pages de notre vie*

                                           Illustrations personnelles

                                                                

                                                                                                      

                                                                

Commentaires (1)

1. Gene 06/03/2008


Bonjour, ma belle Chanteplume je viens de terminer de lire " Le jardin des Champs" Bien que ça ne m'étonne pas de toi, en lisant et sans regarder la fin j'ai compris, oui j'ai compris cette amour infini qui ne meurt jamais.
À toi Jeanne ma douce, bises.

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